Brez cinéma
Brez cinéma ou le cinéma intérieur d’un tueur à gages en quête d’identité et d’amour, perdu dans une Inde inavouable… Un magnifique roman tout en clairs-obscurs, une plongée sinueuse dans les replis d’une conscience en déshérence.
Un « faux polar »
Alors qu’il se livre à ses plaisirs illicites avec un hijra dans une loge de cinéma, l’Ambassadeur de France est assassiné. Snecmard, son attaché militaire, doit déguiser le meurtre en accident aérien et lui-même disparaître. C’est ainsi qu’il devient Brez, offrant ses services à des intérêts particuliers. Tueur à gages, il liquide tour à tour un indépendantiste, un touriste, avant de devoir s’en prendre à la conseillère politique d’un partisan d’une Inde laïque… Ce roman se joue des codes génériques, déjouant tour à tour les codes du roman policier, du roman d’espionnage, du roman d’aventures, voire même du roman d’amour et du roman philosophique… Dans cette fresque en trompe-l’oeil, l’Inde sert de toile de fond à l’odyssée contemporaine d’une conscience perdue dans un vaste jeu de masques. Le style, aussi précis que fuyant, épouse à merveille les replis ombrés de cette plongée au coeur de la solitude humaine.
Brez ou Ulysse perdu en Inde
Roman jubilatoire, Brez cinéma revisite les clichés du roman de genre pour mieux les déconstruire. Au final, c’est à une véritable plongée dans une conscience introspective que nous convie ce roman.
On peut aussi le lire comme une nouvelle Odyssée, Brez-Snecmard foulant à plusieurs reprises les pas d’Ulysse, dans une quête identitaire qui s’apparente fortement à celle du héros d’Homère. C’est ainsi que Eva Mavrossian semble une nouvelle Nausicaa recueillant notre héros sur la plage, de même que pour se tirer d’affaires, Snecmard doit à plusieurs reprises changer d’identité, tout comme Ulysse devant Polyphème ou les prétendants. Le retour en France, la terre natale, résonne comme un lointain écho au retour à Ithaque.
Plus loin, Brez cinéma est aussi et avant tout un véritable roman qui échappe à toutes les classifications. On y croise Rimbaud, Tsvetaïeva, tout autant que Gandhi ou Marx… S’il se lit comme un roman d’aventures, on y est sans cesse porté par la poésie de l’écriture, baignant dans une atmosphère incomparable. Des rues de Calcutta aux montagnes frontalières de la Chine, l’Inde nous est donnée à voir par-delà tous les clichés touristiques. C’est une Inde nouvelle qui se découvre à nous, une Inde complexe, vivante, souvent interlope. Une Inde illicite et nocturne. Les illustrations scandent le texte d’images symboliques ou tirées d’un imaginaire traditionnel indien revisité.
L’auteur
Colette Mazabrard, née en 1964, est enseignante. Elle vit et travaille en région toulousaine. Elle est la lauréate du concours que nous avons lancé en juin 2010.
Elle a été membre du comité de rédaction des Cahiers du cinéma et de Vertigo ; auteur d’une des voix of du flm Métropolitaines de Jean Breschand (1995) et de La forme du voyage , travail paru dans la revue Politiques, Quai Voltaire, mars 1994.
• d’écritures radiophoniques :
- 6 minutes avec Michel Dector&Michel Dupuy (Radio libertaire, janvier 1995),
- Le sentiment géographique, 18 minutes, court métrage sonore difusé dans le cadre des «Tentatives premières» de Jean Couturier (France Culture, janvier 1991). Des lettres radiophoniques sont difusées dans le Carnet Nomade de Colette Fellous (France-Culture, depuis 2000)
• de photographies :
- photographies de Mona, hijra, et de Urvashi Butalia pour le flm Kali, des livres et des femmes, de Patrick Cazals (2002) ;
- Vertical Sleepers, a disLOCATION, photographies de dormeurs, travail exposé dans diférents centres culturels à Calcutta, Mumbai, Trivandrum et Hyderabad en 2005, à Cahors en 2006 ainsi qu’au festival Manifesto de Toulouse en 2006 ;
- 15 diptyques images/textes, à propos de la peur du dépistage et du cancer du sein, dans le cadre d’Octobre Rose, exposées à Toulouse les 23 et 24 octobre 2010.
Le dessinateur
Christian Aubrun est né à Paris en avril 1971 dans le 14e arrondissement de Paris, mais il a grandi sur les bords de Loire en Anjou, du côté des Ponts-Cé. L’école l’ennuyait profondément : il est atteint de dyscaculie et de dyslexie aiguë. Il décide d’apprendre à faire du vélo et à recopier les Supers Héros des Marvels Comix. A l’âge de 17 ans, il monte à Paris pour suivre des études artistiques à l’Académie Charpentier et aux Beaux-Arts de Paris. Il publie son 1er livre jeunesse en 1999 et collabore à plusieurs collectifs pour les petits (La Martinière, Larousse, Lito, Le seuil jeunesse ). Actuellement il travaille à l’atelier La Piscine ( atelier d’illustrateurs ) et donne des cours de dessins pour adultes dans le 10e arrondissement de Paris ainsi que dans le 8e avec les Ateliers du Carrousel pour enfants. Illustrateur et auteur jeunesse, il vient de publier La Vie de Chaton de Aimer à Zigzaguer aux éditions Albin Michel jeunesse.
A paraître en septembre 2011.
Fiche technique
Roman illustré en couleurs
Sortie septembre 2011
Prix : 15 euros
196 pages + couverture (environ)
Format : 120 x 180 mm
ISBN : 9782953366174
Tirage : 1500 exemplaires
37 dessins de Christian Aubrun
Rayon : Roman contemporain
français
Diffusion Pollen
Tél. : 01 43 58 74 11
Fax : 01 72 71 84 51




